Kodama

  • 2 à 5 joueurs
  • Âge : 8+
  • Durée de la partie : 30 min
  • Auteur(s) : Daniel Solis
  • Illustrateur(s) : Kwanchai Moriya
  • Année de sortie : 2016
  • Prix : 21 €
  • Éditeur : Capsicum Games
  • Site officiel

Imaginez un jeu rempli de rêve, à la mode du Petit Prince, mais version japonaise. Chaque joueur débute son arbre avec un tronc qui a un symbole parmi 6 (étoile, nuage, luciole, ver de terre, champignons, fleurs), et 4 cartes Kodama (des objectifs secrets).

kodama-mise-en-place

Les dessins se rapprochent de l’univers des mangas, et le fait que l’illustrateur soit un japonais habitué du Tokyo Game Market n’y est sans doute pas pour rien.

De la bonne pousse des arbres…

À chaque tour, on choisit une carte branche parmi les 4 étalées, que l’on pose immédiatement pour faire grandir son arbre, de manière à continuer ses branches. Et c’est vraiment plaisant de voir son arbre prendre forme, car on ne connecte pas les cartes à la manière de tuiles de Carcassonne, bien carrées, mais de manière à ce que cela soit joli. Enfin, c’est comme cela que je l’interprète, la règle n’étant pas très précise à ce sujet.

kodama-arbre

Puis on compte les points, en fonction des symboles de la nouvelle branche. Il faut qu’on les retrouve sur les branches précédentes, jusqu’au tronc si possible, et on marque un point par symbole dans chaque ligne continue (car il peut y avoir plusieurs symboles sur une branche).

De cette manière, si on réussit à cumuler les mêmes symboles le long d’une branche, on peut vite maximiser ses points. Mais une règle étrange vient réguler la pousse des arbres. En effet, il n’est pas possible de poser une carte qui nous ferait gagner plus de 10 points. Nul doute qu’elle a été conçue pour introduire un peu de variété dans nos arbres, limiter l’influence du hasard, et peut-être aussi  éviter les « comboteurs* » fous, et laisser le côté familial au jeu.

… et de l’influence des saisons

Histoire de renouveler les parties, au début du jeu 3 cartes saisons sont tirées aléatoirement parmi le stock, et on révèle celle de la saison qui commence. Elle va venir modifier un poil les règles du jeu, dans la manière de compter les points.

saisons

les saisons

Soit parce qu’un symbole va se transformer en un autre, soit parce que l’on comptera un bonus spécial de fin de saison. Ou alors, comme celle de notre exemple en photo (« épanouissement »), la limite de 10 points maximum sur une branche passera à 12.

Comment compter les bourgeons ?

Le jeu compte trois saisons (l’hiver, rien ne pousse, c’est connu). Une saison compte quatre tours. À chaque tour, on marque des points sur la piste de score (sur fond d’arbre bien sûr) en fonction des symboles de la branche posée. À la fin de la saison, il peut y avoir un bonus de saison comme nous l’avons vu plus haut.

Et surtout, il y a un esprit de l’arbre (kodama en japonais) qui va venir s’y installer. Le joueur choisit une de ses quatre cartes objectifs, et la joue pour compter les points (attention, certains kodama sont liés à une saison, la dernière en général – l’automne). Il va marquer des points, soit en fonction des symboles présents dans l’arbre (sans tenir compte des continuités, ou si au contraire), soit en fonction de la configuration de l’arbre (cf ci-dessous).

Il faudra donc que le joueur choisisse ses branches avec soin, avec l’idée d’accueillir au mieux un kodama, pour marquer le plus de points. Il faut noter que les kodamas sont souvent facétieux, puisque leurs objectifs peuvent aller à l’encontre de la maximisation des points. Par exemple, un kodama a l’objectif d’avoir un maximum de branches partant d’une carte. Or la règle veut que quand on pose une carte branche, elle ne peut pas recouvrir deux cartes à la fois, ce qui complique cet objectif.

Notre avis

Ce jeu a clairement un côté familial, par son thème, mais aussi par son côté « empêcheur de pousser en ligne » pour les comboteurs, très bien réfléchi, de par ses règles. La dernière dans ce style, c’est l’impossibilité de recouvrir des symboles (ce qui permettrait d’arrêter une ligne de symboles, et d’en continuer une autre, pour rester à 10 points).

Le plus dur est de bien comprendre ce principe de continuité des symboles sur les branches pour marquer des points. Les règles sont plutôt bien écrites, heureusement. Et de garder à l’esprit quel kodama l’on voudra jouer en fin de saison (voire ceux des saisons ultérieures). Ils nous orienteront sur la construction de notre arbre.

Le risque est de tomber sur un joueur qui va chercher à tout optimiser, et donc passer du temps à réfléchir. Mais comme de tout manière, on ne peut jouer qu’une des quatre cartes visibles pour tout le monde, cela ne sert à rien de trop réfléchir. Il faudra être opportuniste en fonction de ce qui restera à son tour. Réfléchir dans le tour des autres peut quand même s’avérer utile, pour accélérer le jeu, ou si on veut prendre une carte qui leur permettrait de marquer trop de points.

L’impression de l’ensemble est un jeu bien ciselé, qui a sans aucun doute été inspiré par l’art de tailler les bonsaï ;-).

On adore

  • voir les arbres pousser joliment
  • les règles poussent à avoir des beaux arbres
  • le coté « zen » du jeu
  • les jolis graphismes des kodamas

On déplore

  • les kodamas ne viennent pas physiquement dans l’arbre une fois joués : ils sont simplement défaussés (c’est moche)
  • les branches des arbres ne peuvent pas s’emmêler : chacun pousse dans son coin
  • le jeu peut manquer de rythme et s’adresse à des joueurs plus contemplatifs

*comboteur : joueur qui va chercher à optimiser la pose de ses cartes, de manière à réaliser des combinaisons (« combos ») qui vont être particulièrement efficaces. En général, c’est un joueur qui a bien étudié le jeu pour parvenir à ses fins.

L'avis de la rédac'

Sandrine

Sandrine

C’est un jeu plein de douceurs et de poésie. Petit à petit on voit s’agrandir notre arbre, c’est beau, c’est reposant.
Accessoirement, c’est un jeu qui demande une certaine dose de gestion et de stratégie à ne pas négliger.
J’adore faire des combos avec les différents éléments et les objectifs des kodama.