Pour inaugurer la rubrique « Nos tops », en voilà un forcément subjectif (ils le seront tous), vu qu’il est basé à la fois sur les jeux qu’on aime et que l’on prend plaisir à sortir avec nos copains joueurs. En effet, pour certains d’entre eux, on les pratique depuis plusieurs années avec la même envie.

C’est quoi, des jeux de société coopératifs ?

Le modèle du jeu de société coopératif est le suivant : plusieurs joueurs (sinon tous) se battent pour atteindre un objectif commun. Dans ce cas, la plupart du temps on se bat contre le jeu lui-même, qu’il soit scénarisé ou non. Certains jeux permettent d’accueillir un joueur qui prendra le rôle du méchant, qui peut être connu dès le début de la partie, ou qui se révèle pendant son cours. Il agit alors en sous-marin en essayant, généralement, d’influer sur les décisions en évitant de se faire repérer, et a un objectif qu’il doit accomplir seul.

On se rend compte, avec le temps et près de 10 ans de jeu, qu’on aime de plus en plus ces moments de jeux en coopération, surtout au sein de notre petit groupe de joueurs. La victoire collective est motivante, la défaite ne l’est pas moins. On a donc eu envie de vous partager ces jeux coopératifs qui nous plaisent (attention, les jeux durent de 2 à 6 h par partie, dans cette sélection) :

1. Les Demeures de l’Épouvante

Demeures de l'épouvante - jeux de société coopératifs

Les Demeures de l’Épouvante, c’est avant tout une tuerie graphique ! Impossible d’y rester insensible. Le jeu est tout simplement beau. Dans ce jeu, chaque joueur a un rôle, un personnage d’investigateur. Il s’agit d’un jeu semi-coopératif, puisque les joueurs doivent se battre contre un seul, qui joue le rôle du Gardien. L’univers est fort, inspiré d’H.P. Lovecraft et le monde de Chtulu.

Il y a plusieurs scénarios à suivre (5), où le Gardien fait des choix pour poser, en début de partie, des cartes (objets ou indices) sur les différentes pièces qui composent le plateau, choix qui peuvent être différents si l’on rejoue le même scénario, ce qui fait que la rejouabilité du jeu est très bonne. Lui seul donc sait où il faut aller pour avancer dans le scénario et les investigateurs ont pour mission de récolter des indices pour pouvoir comprendre leur objectif.

Le jeu est réservé à des personnes averties pour bien comprendre les règles, mais tout débutant peut rentrer dans la partie s’il est bien entouré. C’est selon moi une des forces de ce jeu : assez facilement accessible tout en garantissant une bonne complexité et du creusage de méninges.

2. Battlestar Galactica

BSG  - jeux de société coopératifs

Ahhh, BSG… si vous ne connaissez pas la série, je ne peux que vous la conseiller. Ce jeu de plateau relate parfaitement son univers tendu, et l’ambiance. Dans ce jeu de coopération, il peut y avoir jusqu’à 2 cylons, personnages humains jusqu’à preuve du contraire (les allégeances sont face cachée en début de partie). En milieu de partie, on reçoit une seconde carte allégeance, ce qui fait que même si on était humain jusque là, tout peut changer ! La mécanique du jeu est assez simple : chaque joueur prend une carte personnage (qui correspondent à ceux de la série) et reçoit une allégeance face cachée. Suivant leurs rôles, les personnages ont différentes capacités spéciales,  ainsi qu’une hiérarchie. Ainsi le personnage d’Adama prendra la carte d’Amiral, et le personnage de Roslin prendra la carte de Président, qui sont deux rôles qui leur feront faire des choix importants pour le reste de la communauté.

Le jeu est rythmé par les invasions de cylons, qui attaquent le vaisseau, et font perdre au groupe soit des rations, soit du carburant, soit de la population, soit du moral. Quand un des curseurs arrive dans le rouge, les humains perdent la partie. Les cylons, eux, ont un objectif personnel qui peut être de faire gagner les humains, mais avec une condition (comme par exemple : les humains doivent gagner la partie avec un minimum de 4 en population), ce qui en fait un jeu avec pas mal de richesse et de subtilités. Les humains gagnent la partie en faisant suffisamment de sauts dans l’espace pour échapper aux cylons. Bon, ok, si vous n’avez pas vu la série, ça ne vous parlera pas, mais si vous la connaissez, l’immersion est totale.

3. Andor

Andor -  jeux de société coopératifs

Andor, le jeu de plateau, on en a déjà fait un article ici que l’on vous invite bien évidemment à lire 😉

Dans un univers Fantasy, c’est un jeu qui met le paquet sur la full coopération, ici pas de grand méchant infiltré, non, juste des aventuriers qui ont pour mission de sauver le château et la population des dangers qui l’entourent. Le jeu est très bien rythmé, tout est calculé au millimètre, ce que certains apprécient moins (on compte beaucoup au cours de la partie) : pour chaque tour de jeu, chacun des joueurs a un nombre d’heures limitées, une heure correspondant à une action. Ainsi, un déplacement d’une case coûte une action. Combattre coûte une action. Et il n’y a que 7 heures dans une journée… il faut donc aller très vite et être efficace. À chaque fin de nuit, et à chaque mort d’une créature, le pion narrateur avance d’une case, accélérant le moment où la partie sera finie : on passe son temps à courir après… le temps.

Le jeu est très scénarisé, la boîte de base contient 5 histoires et donc 5 missions différentes. La difficulté va crescendo, la première histoire étant une partie d’initiation, ce qui permet de le prendre en main. La rejouabilité n’est pas énorme puisque les histoires ne sont pas déclinées comme dans les Demeures de l’Épouvante, mais on prend bien plaisir à les réaliser. Des extensions existent pour renouveler le jeu.

4. Horreur à Arkham

Horreur à Arkham - jeux de société coopératifs

Horreur à Arkham, LE jeu complexe de référence : en effet, s’il fait partie de notre sélection, c’est parce qu’on y joue assez souvent avec des personnes averties. Yahndrev, dans son interview, nous expliquait que c’est le jeu qu’il a trouvé le plus difficile à expliquer, tant il est compliqué. C’est un jeu long (compter minimum 1 h par joueur quand on maîtrise les règles), de quoi décourager les joueurs occasionnels, mais vraiment, le jeu en vaut la chandelle. Là aussi, c’est de la full coopération : pas de méchant joué par un joueur, non, mais un « grand ancien » qu’il ne faut pas réveiller. L’univers est le même que les Demeures : Lovecraft, Chtulu et compagnie. Les héros sont des investigateurs qui ont des caractéristiques et équipements particuliers.

Le jeu se passe à Arkham, une petite bourgade avec ses commerces, où des indices ont été laissés… et parfois des créatures qui « popent ». Il faut tenter de les combattre, en essayant de garder toute sa vie et sa santé mentale…

Le but du jeu est de fermer des portails, qui mènent à un autre monde duquel sortent des monstres, afin de sécuriser la ville. Une fois le bon nombre de portails fermés,  le grand ancien se réveille… et il faut le combattre pour gagner la partie (c’est le big boss de fin). Pas évident, surtout que tout se joue avec des jets de dés, et qu’il n’hésite pas à abîmer ses assaillants, le vil gredin…

Bref, c’est un jeu complexe mais riche, vous l’aurez compris, dans un univers qui ne l’est pas moins. Il ne faut simplement pas avoir peur de prendre sa journée et de garder les règles à portée de main…

Mais encore ?

Il y en a d’autres, qu’on aime mais qu’on a trop peu testé : Hanabi, dont on a fait une partie et qui est super intéressant,  Zombicide et Zombie 15′ (dont on vous invite à lire l’interview du créateur ainsi que le processus de création du jeu), Sherlock et Dead of Winter, que je meurs d’envie de tester, Les Chevaliers de la Table Ronde, qui traîne dans nos placards mais que j’ai bien envie de ressortir, et des dizaines d’autres (Pandémie, l’Île Interdite).