Outlive

  • 2 à 4 joueurs
  • à partir de 14 ans
  • 1h30
  • 45 €
  • Auteur(s) : Grégory Oliver
  • Illustrateur(s) : Miguel Coimbra
  • Éditeur : La boite de Jeu, distribué par Blackrock Games
  • Année de sortie : 2017
  • Site officiel

Outlive, est un jeu qui était très attendu après sa campagne de Kickstarter. Plébiscité lors des festivals, la campagne de financement a largement (très largement) été financée. Le jeu est sortie 1 an après ce qui est assez rare pour le faire remarqué.

C’est bien, mais au final, c’est quoi ce jeu ?

Vous jouez un groupe de survivants à une guerre apocalyptique. Il existe des cités subaquatiques où la vie est merveilleuse mais voilà pour faire partie des élus, il va falloir montrer votre capacité à être débrouillard. Seuls les meilleurs seront choisis ! Vous avez 6 jours (6 tours) pour montrer ce que vous savez faire.

Votre groupe va devoir alors chasser pour nourrir tout le monde, trouver du matériel pour réparer votre abri ou fabriquer des objets, trouver de nouveaux membres pour faire fonctionner les différentes pièces de votre abri, etc.

Outlive est donc un jeu de gestion dans un univers post apocalyptique, ce qui souvent entraîne une certaine rivalité entre les différentes factions. Car oui, Outlive est surtout un jeu de gestion, mais qui intègre quelques interactions entre les joueurs, principalement avec le système d’intimidation et l’amenuisement des ressources.

Un abri pour passer la nuit

L’abri est la base de chaque joueur, il permet de stocker les différentes ressources que l’on trouve au cours de la journée, mais aussi de « loger » les nouvelles personnes de votre clan.
Il contient différentes pièces qui ont une action spécifique sur le jeu. Au début, tous les joueurs commencent avec les mêmes pièces de base (1 seule sera construite dès le départ), puis ils piochent 6 nouvelles pièces, et en choisissent 4 qu’ils vont essayer de construire.
Ces pièces ont des actions spécifiques, comme vous aider à avoir plus de nourritures, réparer des objets ou des pièces avec moins de matériaux, etc. Toutefois au départ, elles sont défaillantes ! Il faut donc les réparer ! Cette partie se fera pendant la nuit, la journée étant consacrée aux recherches. Les pièces ne seront actives que quand vous l’aurez suffisamment remplis de survivants.
Pendant la nuit, il faudra aussi :

  • nourrir vos réfugiés, bizarrement, on peut aussi les nourrir avec de l’eau, c’est étrange, mais bon, ne dit on pas que l’on peut « vivre d’amour et d’eau fraîche »… enfin fraîche, c’est vite dit…
    Chaque salle coûte une certaine quantité de nourriture, quelque soit le nombre de survivants qu’elle contient ou quelle soit active ou non;
  • « gérer la radioactivité », et oui, rappelez-vous, ce n’est pas un campement de vacances ! La dose de radioactivité augmente à chaque tour, Vous pouvez la diminuer en fonction du nombre de personne dans votre SAS. Vous pouvez aussi la diminuer au cours du jeu avec des objets ou une algue;
  • et défausser toutes vos denrées ! Et oui, la radioactivité ambiante dégrade plus vite les aliments, vous ne pourrez garder que 2 bonbonnes d’eau. Par contre, vous pourrez avant de tout jeter, recruter un survivant par denrée restante.

Un terrain de chasse et de recherche

La journée est consacrée à chasser et à trouver des ressources. Les joueurs auront 4 groupes de survivants qui vont pouvoir explorer les différentes zones du plateau principal :

  • 3 zones de chasse avec des animaux plus ou moins puissants à tuer. Un système d’expérience est prévu, plus vous chassez le même gibier, plus celui-ci vous rapporte de la viande quand vous le chasserez de nouveau.
  • 2 villes à explorer pour trouver des objets ou des matériaux
  • 3 zones à matériaux pures : bois, fer, puces électroniques
  • une zone d’eau qui n’est accessible que si vous avez une puce pour ouvrir la porte du barrage
  • une zone militaire qui vous fournit des munitions et l’algue pour diminuer la radioactivité. Les munitions vous permettent de rajouter de la force à vos survivants pour chasser ou se prémunir de l’intimidation.

Chaque zone contient des denrées en quantité limité, quand il n’y en a plus, bah, il n’y en a plus ! Les zones sont remises à niveau au début de chaque tour de jeu.

Chaque joueur a 4 groupes de survivants qui ont des forces différentes : 3, 3, 4 et 5. Ces forces sont importantes car cela représente le nombre de fois où les héros peuvent faire les actions. Par exemple, le groupe de 5, pourra tuer un gibier de valeur 3 et prendre 2 bois (puisque c’est la même zone), le groupe de 3 ne pourra prendre que 3 eaux, etc.

La force des groupes est aussi importante au niveau de l’intimidation. En effet, Un groupe de 5 qui arrive sur une zone qui contient un groupe de 3 actif (donc qui a joué à ce tour-ci) lui mettra la pression et lui volera autant de ressources que la différence entre leur deux forces, donc en l’occurrence 2 ressources.

Pour compliquer les choses, 2 groupes d’un même joueur ne peut pas se trouver en même temps sur le même lieu. De même, chaque groupe ne peut se déplacer que d’une à deux cases. Un même groupe ne peut donc pas effectuer 2 fois la même action à la suite. Cette gestion de déplacement est très importante car on se fait rapidement avoir à vouloir aller à tel ou tel endroit mais on ne peut pas, parce qu’un de nos groupe s’y trouve déjà.

Les événements extérieurs

Comme le jeu était trop simple, le créateur a rajouté des événements pour corser les choses. Ceux-ci apparaissent en début de chaque tour et ont un effet néfaste sur le jeu : Nuée de rats, bande de pillards qui vous volent des denrées, ressources en moins sur les zones de recherche, etc.
Ces événements rapportent des points de survie quand vous les résolvez. Pour ceci, rien de plus simple (enfin, c’est vite dit), il faut réunir le nombre de ressources demandées, ressources que vous gardiez précieusement pour faire autre chose…

Tant que l’événement n’est pas résolu, il reste actif d’un tour à l’autre. Il est donc parfois préférable de laisser un joueur résoudre l’événement et parfois au contraire, c’est la course pour obtenir ses points de survie…

Points à ne pas oublier

  • Quand vous recrutez des survivants, ils doivent d’abord transiter par la SAS avant d’aller compléter les différentes salles. On ne peut donc pas poser plus de 7 personnes dans les salles en fin de partie… j’en connais plusieurs qui se sont faits avoir !
  • Il faut faire attention aux termes employés, comme par exemple, une denrée sera faite pour s’alimenter, et les matériaux pour réparer. J’ai déjà vu un joueur essayer de nourrir ses survivants avec du bois… non non, ça ne fonctionne pas !
  • La nuit, la radioactivité est diminuée d’autant que de personnes dans le SAS, bien gérer son contingent dans le SAS est très important !
  • Chasser toujours le même gibier vous permet d’augmenter la quantité de viande d’une chasse à l’autre.
  • Accéder à l’eau demande une puce électronique… il faut donc faire les actions dans un certain ordre.
  • Au début de chaque tour, on couche tous les groupes pour signifier qu’ils sont inactifs, ceux-ci ne pourront pas être racketter.
  • S’il n’y a plus de denrées, vous ne récoltez rien !
  • Les événements sont actifs tant que vous ne les avez pas résolus.

Notre avis

Outlive était attendu et pour de bonnes raisons. C’est un pure jeu de gestion, il n’est pas très compliqué aux niveaux des règles mais la multitude de possibilités lors des explorations fait que chacun peut choisir de s’orienter vers telle ou telle stratégie pour gagner. La gestion se fait aussi bien au niveau des ressources que des déplacements. Les événements et la pression que les autres joueurs peuvent mettre, permet de chambouler un peu la stratégie des joueurs.
Le matériel est de bonne qualité, le poids de la boite va avec. La version deluxe du KS est magnifique (snif, je ne l’ai pas prise).

On adore

  • les graphismes qui sont réalisés avec soin
  • le matériel qui est de qualité, la version deluxe du KS qui valait le coup d’être achetée
  • la mécanique de jeu qui est assez fluide
  • l’interaction entre les joueurs qui est présente mais pas trop
  • la boite a été livré dans les temps (pour un KS c’est rare)
  • Son prix de vente qui est raisonnable par rapport au matériel

On déplore

  • la carte événement bonus du KS qui a un dos en anglais, on sait donc forcément ce qui va nous arriver si elle est parmi les 6 événements.