Camille Froulin est bien connu du monde ludique lyonnais, présent sur tous les fronts (responsable des achats à la Triche, rédacteur chez Ludovox, et pour son propre blog, organisateur d’événements ludiques lyonnais…), il était donc normal qu’on essaie de lui soutirer quelques informations pour comprendre un peu ce qui le fait vibrer… et il en a à dire 😉

Peux-tu te présenter un peu à nous ?

Je suis un meeple (bleu) … Euh … je dois dire d’autres choses ?

J’ai toujours 5 meeples sur moi (ça sert toujours), des perplexus sur mon bureau, et toujours un jeu à portée de main. Visiblement, je suis un joueur.

J’ai 3 vies : La vie avec ma chérie, la vie au travail (Chef de projet informatique) et la vie ludique.

Peux-tu nous parler un peu de la Triche, de ton implication dans l’association ?

J’ai été envoyé en mission dans la ville de Lyon en 2010. Avec pour objectif de contrôler le monde du jeu lyonnais.

Discrètement.

Pour cela, un lieu incontournable : le local du bar ludique associatif  « Moi J’m’en fous je triche ». 11 ans d’existence, 4000 adhérents. Bref, THE Game place to be.

Je suis rentré comme simple adhérent…

…puis, un an plus tard, comme bénévole,puis un an plus tard comme administrateur au Conseil d’administration

…puis un an plus tard, comme responsable des achats de jeux du local

Mouooouuaaaahhahahahahaahha je me rapproche petit à petit de mon but !

Comme cela ne me suffisait pas, je décidais aussi de corrompre au jeu mes collègues de boulot (Au siège d’une grosse boîte d’interim) en créant un club de jeu avec un créneau de jeu hebdomadaire à la pause de midi. Et en plus, on me finance ! mmoouuahahahahaah ²

Enfin, Gautier, un autre membre de la triche, me propose de participer à son aventure ludique en étant un co-auteur du blog « Meeple toi-même ». On allait détourner l’esprit ludique à notre volonté. Mais comme on ne touchait pas un assez grand public, on a vu le lancement d’un site en devenir : Ludovox. Et les admins du site nous ont ouvert les portes de leurs publications … les fous….

Vous êtes combien à la Triche à faire tourner la boutique ?

La triche, c’est une belle asso. Une grosse asso. Ouverte et complète presque tous les jours. Et pour ça, il faut des bénévoles. plein de bénévoles. Tout ça pour pour tenir les permanences (Les piliers du bénévoles : Accueillir les gens, servir à boire, expliquer les jeux, …)
On est à peu près 80 bénévoles et des milliers d’heures de bénévolat. Chacun s’investit à la hauteur de ce qu’il veut/peut fournir. Mais je les remercie tous pour ce qu’ils font, car sans eux, pas de triche et nous n’aurions pas le succès et la renommée que nous avons aujourd’hui. La triche est un très bel exemple d’esprit associatif. C’est beau, c’est chouette. Et que ça continue. On a aussi une salariée qui gère tout le background (L’administratif, l’approvisionnement, les contacts avec les éditeurs, …)

Sur quoi repose, selon toi, le succès de l’asso ?

Clairement les bénévoles sans qui nous n’existerions pas. Leur vitalité, leur envie de faire progresser l’asso.
La triche, c’est aussi un bar ludique établi depuis des années : 12 ans pour être exact. C’est quelque chose. On a donc une renommée bien établie mais la conserver est une tâche permanente. On essaye donc d’être très actifs en proposant des soirées spéciales : Soirées Prototypes d’auteurs, tournois, nuits des ludopathes. On a récemment organisé une soirée « Lancement Kickstarter ». Une soirée géniale avec plein de personnes du monde ludique lyonnais.

Tu as un scoop à nous donner concernant la Triche ?

Une réflexion qu’on a eu dernièrement, c’est qu’on mettait souvent en valeur les auteurs de jeux, et assez peu les illustrateurs, qui font quand même 50 % du boulot sur un jeu. Du coup, on envisage de mettre en place assez régulièrement des expos temporaires d’illustrateurs de jeux. On va commencer par une expo « Pollen » cet été (le jeu d’Alexandre Droit sorti chez OPLA), puis par Regis Torres à la rentrée (L’illustrateur de King of New York, chez IELLO). Ca va être chouette au local. Christelle, c’est quand qu’on expose tes dessins ?

Tu es rédacteur chez Ludovox, tu tiens un blog autour du jeu : d’où te vient cette passion, cette envie de partage et de donner de ton temps ?

Pour le blog « Meeple toi-même » (dont les articles sont d’abord diffusés sur Ludovox), je le co-écris avec Gautier, un des premiers joueur que j’ai rencontré à Lyon. L’idée était de parler des jeux autrement, de manière plus décalée, sans se prendre la tête. Je suis particulièrement fier du dernier article, même si il m’a pris un temps fou.

Ma passion du jeu ? Je suis probablement tombé dans une marmite de meeples quand j’étais petit. Et puis j’adore le contact, rencontrer des gens intéressants et partager. Quoi de mieux que le monde ludique ?

Tu peux nous parler un peu des jeux que tu aimes ?

Wha, c’est vaste. Je serai plutôt un pousseur de cubes en bois, un « optimisateur d’actions » avec des meeples. Avec clairement un auteur fétiche : Uwe Rosenberg et ses jeux de gestion de fermes.
Mais après, je suis ouvert à tous type de jeux. De toute façon, j’ai pas le choix. Si je n’achetais que des jeux de gestion pour la Triche, on me balancerait des meeples dessus. Une p’tite nouveauté qui m’a bien plu?  Dino Twist du lyonnais Bertrand Arpino. Ce n’est pas du cube en bois, ca se joue en 15 minutes, c’est mignon, sympa et ça vient de sortir.

Et s’il devait n’en rester qu’un ?

Si je devais partir sur une île déserte avec un seul jeu, ça serait probablement Agricola de Uwe Rosenberg. Comme ça, j’aurais toutes les cubes en main pour savoir planter des céréales, élever des moutons, cuire du pain, …
(Bon, Battlestar Galactica n’est pas loin derrière)

As-tu déjà eu envie de passer le cap de joueur à auteur ?

Pas du tout. Aujourd’hui, je n’ai absolument pas envie de franchir la barrière. Ce n’est pas les idées qui manquent, mais j’aime trop jouer, découvrir de nouveaux jeux et animer. Être auteur, c’est consacrer une part très importante à son jeu : le créer, le faire tester, le présenter, le modifier, etc… Cela peut prendre des mois, voire des années. Au risque de grignoter complètement toute autre activité ludique. Or j’aime trop tout ce que je fais à coté pour le remplacer par un seul jeu à faire vivre.

Après, peut-être aurais-je un jour l’opportunité de travailler dans le monde ludique ? Seuls les meeples le savent.

Que penses-tu du crowdfunding qui prend d’assaut le monde du j2s ?

C’est un énorme débat. Il y a des points positifs et négatifs que je ne pourrais pas réduire à quelques lignes. Mais quand on voit le succès de jeux comme « 10 minutes to kill » (d’une illustratrice Lyonnaise, cela dit en passant, que j’espère bien exposer à la triche un jour), avec un projet bien mené, une comm bien gérée, on ne peut que se dire qu’il aurait été tellement dommage qu’un tel jeu ne voit pas le jour faute de trouver un éditeur qui le finance.

Après, il faut savoir ce qui vaut vraiment le coup de ce qui le vaut moins. Pour cela, rien de mieux que rencontrer les auteurs/illustrateurs sur les salons.

Merci Camille pour tes réponses ! <3