Jeux en famille

Fairy Tile, le Carrousel du conte de fées

Par Gling-Gling - mis à jour le 22 janvier 2024

Vous connaissez les contes de fées les plus classiques avec les histoires de princesse, de dragon et de chevalier. Souvent vous êtes pour le chevalier, ou pour le dragon, suivant la manière dont est racontée l’histoire. Dans ce jeu, oubliez vos préjugez : vous allez faire évoluer indifféremment les trois personnages dans le royaume que vous allez construire en commun. Et vous allez voir que ce n’est pas toujours facile de raconter votre histoire, puisque chacun va déplacer et construire dans son propre intérêt, qui est rarement le vôtre.

Le conte de fées

Chaque joueur a une pile de cartes (son “livre d’histoires”), avec un objectif à réaliser sur chacune. Le premier à réaliser tous ses objectifs a gagné, et pourra vivre longtemps heureux de son exploit. Les objectifs sont liés à un ou plusieurs personnages, à un verbe, et à un lieu. Par exemple : “le dragon visite la grande montagne (3 cases ou plus)”. Ou encore : “le chevalier et la princesse se rencontrent dans la forêt”.

Par contre, si vous ne pouvez pas finir votre dernier objectif, parce que la construction du royaume ne le permet pas, vous perdez et errez dans une histoire sans fin (quoiqu’elle se finisse bien cette histoire ??). Bon, je n’ai encore jamais vu de tel cas, cela doit être très rare tout de même, mais les règles sont très bien écrites, et tous les cas ont été prévus (enfin presque, je vous en reparle à la fin).

Le déroulement de l’histoire

À chaque tour, le joueur a deux choix :

  • développer l’histoire
  • passer une page

Développer l’histoire

Ce choix est le coeur de la mécanique du jeu. Vous allez pouvoir réaliser une action, et annoncer fièrement si vous avez réussi votre objectif. Cela donne, traduit en langue Fairy tile :
  • vivre une Aventure
  • raconter son Aventure

Vivre une Aventure

Vous devez choisir une seule action parmi deux (mais non ce n’est pas un jeu binaire) :

  • déplacer un personnage, et un seul, parmi les 3 présents dans le royaume
  • poser une tuile, pour agrandir le royaume

Déplacer un personnage… mais ils ont tous la bougeotte ?

Chaque personnage a son propre mode de déplacement (vous voyez bien que ce n’est pas binaire, il y a trois personnages) :
  • le dragon vole en ligne droite, jusqu’à arriver au bord du royaume, quel que soit le nombre de cases. Un peu à la manière de Ricochet Robots, sauf qu’il ne s’arrête pas contre un autre personnage. C’est trop dur pour lui de s’arrêter, il lui faut un bord !
  • le chevalier a la bougeotte, et doit se déplacer d’exactement deux cases, mais sans jamais revenir à côté de son point de départ. C’est la règle la plus dure à intégrer en général. Un peu à la manière du cavalier des échecs. Cela force à le faire bouger deux fois quand on ne veut le déplacer que d’une case.
  • la princesse ne bouge que d’une case. Mais elle peut en plus emprunter les passages secrets, et sauter d’un château à l’autre gratuitement. Enfin, seulement si elle rentre ou sort d’un château en sus. Elle aussi a la bougeotte ;-).

Vous aurez compris que gérer tout ce petit monde ne va pas être simple pour les amener où vous voulez. Surtout que vous n’avez droit qu’à un déplacement, et que les autres joueurs ne vont pas forcément vous aider, car ils jouent avec les trois mêmes personnages… D’où l’intérêt du pouvoir magique qui vous donne deux actions (cf “passer une page”).

Poser une tuile

Là, c’est vraiment très simple : vous prenez la tuile du dessus de la pile, et vous la posez. Enfin, en respectant deux règles de pose quand même (qui a dit binaire ?) :
  • la rivière doit se continuer à la manière des routes de Carcassonne
  • il faut toucher au moins deux (trois, c’est possible aussi) côtés contigus avec le royaume existant, histoire de ne pas faire trop de trous dans le royaume

L’action de poser une tuile est souvent oubliée, mais peut être très utile si les autres joueurs contrarient vos déplacements de personnages. En effet, cela vous donnera plus de possibilités pour les déplacer.

Histoire de limiter le temps de réflexion, la règle précise qu’on ne peut pas retourner la tuile. En pratique, le recto est différent du verso, et si vous voulez offrir plus de choix, cela peut être une règle optionnelle maison.

Raconter son Aventure

Là, c’est encore plus simple : soit vous avez réalisé l’objectif inscrit sur l’unique carte que vous avez en main, soit non. Si vous avez réussi, vous la lisez avec fierté à voix haute, et la posez face découverte, puis piochez la suivante. Sinon, vous attendrez que votre tour revienne.

La petite subtilité ici vient des verbes des objectifs. Les verbes d’actions (rencontrer, visiter) impliquent qu’au moins un personnage ait été déplacé à votre tour pour accomplir votre Aventure. Les joueurs débutants ont souvent tendance à l’oublier, il faut y faire attention. Seul le verbe “voir” vous autorise à poser une tuile sans bouger de personnage, et réaliser votre objectif.

Passer une page

Cette action est indispensable, tôt ou tard. Généralement tôt, et il faudra la réaliser régulièrement par la suite. Elle consiste à changer sa carte objectif, et la mettre sous sa pile, puis à piocher l’objectif suivant. L’intérêt est de trouver un objectif réalisable rapidement en un ou deux coups maximum. Cela dit, il y a des fois où vous devrez y consacrer plus de temps, notamment quand il faut créer un grand paysage.

De plus, cela active votre “pouvoir magique”. Grâce au pouvoir magique, vous pourrez jouer deux actions d’affilée à un tour ultérieur. Attention, vous ne pourrez pas réaliser deux objectifs d’affilée, juste jouer deux actions, avant de révéler un objectif complété.

Cela peut durer longtemps ?

Fairy tile se joue en 20 à 30mn. Sauf s’il y a deux joueurs pénibles. En effet, rien n’interdit dans la règle de faire le mouvement inverse avec le personnage qui vient d’être déplacé (le trou dans les règles, très bien écrites par ailleurs, auquel je faisais allusion en début d’article). À deux joueurs, cela peut être ennuyeux. Je rajouterais donc bien une règle de fair-play : il est interdit de faire le mouvement inverse, sauf si cela permet de raconter son Aventure aussitôt.

Et ils jouèrent longtemps heureux…

Au final, Fairy tile a un air de jeu d’échecs par le déplacement des pièces. Mais la construction du royaume, et le coup double magique, permettent d’éviter que ce soit toujours le meilleur planificateur qui gagne. C’est donc un tout qui forme un vrai jeu original, et sympathique à souhait, qui n’a rien à voir avec son aîné dans ce créneau, “il était une fois”.

D’aucuns le rapprocheraient de «Carrousel», le petit jeu de rapidité de Max Gerchambeau où il faut déplacer des chevaux sur une piste de manière débridée pour réaliser un tiercé gagnant. Sauf que la piste est fixe à Carrousel. Cela peut par contre constituer une variante, pour les amateurs de rapidité.

Mais tel qu’il est, il est déjà très bien pour un petit jeu familial, que je ressors toujours avec plaisir.

Notre avis

On adore

  • tout le matériel, joli et agréable à manipuler : la boîte, les figurines, les pièces
  • le côté dynamique du jeu
  • le plaisir de déclamer les objectifs réussis

On déplore

  • la possibilité de faire des “aller-retour” infinis avec un personnage
  • regarder l’autre joueur raconter ses Aventures à chaque tour pendant que vous galérez pour en faire une seule

Pour la sortie de Fairy tile, Iello propose un jeu concours, avec des goodies à gagner.

Les variantes du lutin

En tant que lutin, je ne peux pas m’empêcher de vous proposer quelques variantes facétieuses, en mode binaire ;-).

Pour accélérer le conte

  • Carrousel : si vous pouvez déplacer un personnage et raconter votre Aventure aussitôt, dites “Et alors” et sautez le tour des autres pour jouer votre coup (en n’oubliant pas de lire à voix haute votre carte, pour l’ambiance c’est très important).
  • Fairy play : vous n’avez pas le droit de faire le mouvement inverse à celui qui vient d’être joué avec un personnage, sauf si cela vous permet aussitôt de raconter une Aventure.

Pour mieux développer le conte

  • Planificateur : quand vous tournez une page, gardez la carte au lieu de la remettre sous votre tas, cela vous donnera plus de choix. Mais vous ne pouvez toujours en jouer qu’une à la fois quand vous racontez votre Aventure.
  • Scrutateur : vous pouvez placer la tuile recto ou verso, et vous avez même le droit de choisir de placer le recto après avoir vu le verso.

Les règles de Fairy Tile en vidéo

Fairy Tile en quelques minutes

Boîte du jeu Fairy Tile

Fairy Tile

(4/5)

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Gling-Gling

Tombé dans la marmite avec la revue Jeux & Stratégie et les séjours Rêves de Jeux, Gling­Gling n'a eu de cesse de faire découvrir le jeu aux autres, avec la création de l'association Lutiniel et le développement du Festival des Jeux de Vauréal (Val d'Oise). Actuellement, il ronronne en animant sa 3e ludothèque d'entreprise, et parcourt bars, salles municipales et ludothèques pour toucher un large public dans les -Désert de Bretagne...

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