Dead of Winter

Dead of Winter boîte du jeu
  • 2 à 5 joueurs
  • Âge : 13 ans et +
  • Durée de la partie : environ 2 h (ça dépend des scénarios)
  • Auteur(s) : Isaac Vega et John Gillmore
  • Illustrateur(s) : Fernanda Suarez
  • Année de sortie : 2014
  • Prix : 60 €
  • Éditeur : Filosofia

Au lendemain d’une épidémie qui a décimé un grand nombre de la population et qui l’a transformée en zombies affamés de cervelles, ils restent quelques survivants planqués dans une colonie. L’hiver est rude, la survie d’autant plus,  surtout que les zombies sont partout, et les survivants ne sont pas toujours fiables ou utiles. Beaucoup sont vulnérables, et certains se la jouent perso…

Plongez dans l’hiver glacial d’un monde apocalyptique où tous luttent pour leur survie. Tous les survivants ont été affectés différemment par ce nouveau monde et certains ne seront pas prêts à mettre le bien collectif devant leurs propres aspirations. En plus des innombrables menaces extérieures, les conflits internes pourraient venir délier la colonie; il faudra garder le moral pour espérer s’en sortir…

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Les plateaux de jeu

La colonie

Dans la colonie, plusieurs emplacements sont prévus :

L’objectif commun

Elle définit le scénario de la partie, les conditions de victoire pour l’ensemble des survivants, la mise en place (on ne commence pas forcément avec le même nombre de zombies sur le plateau, par exemple), l’emplacement du marqueur de moral (allant de 10 à 0) et le compteur de manches (de 10 à 0 également).

Le moral : les morts c’est mauvais pour le moral

Voilà qui n’est pas sans rappeler Battlestar Galactica : quand le moral tombe à zéro, le jeu est perdu. On le fait tomber de 1 à chaque perte humaine… autant dire qu’il faut savoir s’épargner 😉

Le compteur de manches : marche ou crève

Allant de 10 à 0, le compteur de manches définit le nombre de tours maximums que chaque joueur devra jouer pour résoudre l’objectif personnel. S’il arrive à zéro et que l’objectif n’est pas réussi, le jeu est perdu. Une belle tension se crée avec ce marqueur temps.

Crise et compteur de manches

La décharge : ramasse tes poubelles

Un des éléments les plus intéressants du jeu, à mon sens, car c’est quelque chose qu’on retrouve assez rarement dans les jeux où la défausse est légion. Ici, quand vous utilisez un objet (carburant, conserve de nourriture, marteau…), il est mis à la poubelle. Et comme vivre à côté d’une poubelle où les déchets s’accumulent n’est pas très bon pour le moral, au bout de 10 objets cumulés, on perd un point de moral. Il existe donc des actions « vider les poubelles » :p

Les cartes crises (et prévention de la crise)

Oh, tiens, encore un truc qui nous rappelle BSG 😉 La différence ici est qu’une carte crise est tirée à chaque manche et non à chaque tour. Les cartes crises sont des événements qui viennent obliger les joueurs à la prévenir : il faudra, à cette manche, mettre dans le tas « prévention de la crise » ce dont la crise à besoin (par exemple de la nourriture ou du carburant), sous peine de perdre du moral, des survivants vulnérables ou tout autre truc indispensable à la survie.

La réserve de nourriture

C’est pas tout d’avoir des survivants, mais il faut les nourriture ! Il faudra donc cumuler dans la réserve autant de jetons nourriture qu’il y a de survivants dans la colonie, divisé par deux. Les survivants mangent à deux sur une conserve, donc. Et quand il n’y a pas assez de bouffe, c’est la famine, ce qui n’est pas bon pour le moral.

Les différentes pièces de la colonie… et les portes d’où arrivent les zombies

La colonie peut supporter jusqu’à 24 survivants, qui ont la lourde tâche de poutrer du zombie, et de barricader les différentes entrées pour éviter qu’ils n’arrivent trop rapidement.

Dead of winter - le plateau de jeu

Les 6 autres lieux

Le plateau de jeu est mis en place, représentant « la colonie » avec les 6 lieux qui l’entourent : le poste de police, le supermarché, l’école, la bibliothèque, l’hôpital et la station-service. Chacun des lieux a un nombre de slots défini pour les zombies et pour les survivants (impossible donc d’être plus de 3 ou 4 sur un lieu, sauf dans la colonie), et a son propre tas d’objets dans lequel fouiller. Il est donc évidemment plus probable de trouver du carburant dans la station-service qu’à l’école, par exemple.

Lieux de Dead of Winter

De la coopération… et de la traîtrise

Chaque joueur commence la partie avec 2 survivants en main, ce qui n’est pas sans rappeler Zombicide (Rue Morgue), où l’on peut contrôler plusieurs survivants, une carte objectif personnel, et 5 objets de départ.

L’objectif personnel

En marge de l’objectif commun, il existe donc des objectifs personnels neutres et d’autres « traître ». Les objectifs personnels ont leurs conditions de victoire propres, qu’il faudra parfois cumuler avec l’objectif commun. Souvent, il s’agit de cumuler des cartes de types particuliers, comme des médicaments par exemple (hors objets de départ) jusqu’à la fin de la partie. Là où le jeu est très tendu et oblige chacun à jouer non seulement pour soi mais également pour la communauté, c’est qu’il faudra donc forcément faire des choix cruciaux : garder ses cartes ou se défausser pour le bien de la communauté ?

Plateau du joueur Dead of winter

30 survivants à jouer et des survivants vulnérables qu’il faudra protéger

Si au départ, on part avec 2 survivants, il est assez rare de rester à ce compte jusqu’à la fin de la partie. En effet, quand on va fouiller et explorer les autres lieux, il n’est assez fréquent de tomber sur de nouveaux personnages, qui souvent s’accompagnent de survivants vulnérables. On prendra alors la carte personnage du survivant trouvé et on prendra son contrôle. Un survivant vulnérable est ajouté à la colonie.

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Un survivant vulnérable ? Kékécé ?

Il s’agit de survivants qui ne servent à rien mais qu’il va falloir nourrir… un peu comme un enfant ou un vieillard, quoi 😀 (roooh, ça va…). Là où le jeu est encore une fois très bien équilibré, c’est qu’on ne peut pas envoyer un enfant, comme ça, se faire bouffer par un zombie, non, il faudra le protéger, et vous prendrez les dégâts en premier. Si un survivant meurt, quel qu’il soit, c’est -1 moral.

Les différents survivants

Pour les autres, chaque survivants a des caractéristiques particulières : un degré d’influence (les moins influents meurent les premiers en général ^^), un réussite plus ou moins importante en combat et en fouille, ainsi qu’une capacité spéciale. Certains seront des boulets, selon vos jets de dés. Mais quoi qu’il en soit, il est fort possible que vous ne les gardiez pas jusqu’à la fin…

Survivant de Dead of Winter

Des blessures mortelles

Rares sont les jeux où l’on meurt vite. Dead of Winter en est un : un jet de dé malheureux, et c’est la morsure, donc la mort pure et simple, entraînant une possible propagation de l’épidémie si vous n’êtes pas seule sur votre lieux.

Chaque déplacement et chaque poutrage de zombie vous oblige à tirer un dé de risque, qui porte très bien son nom. 4 résultats sont possibles :

  • Neutre, il ne se passe rien (ouf, 1 chance sur 2)
  • Blessure (à 3 blessures, vous êtes mort)
  • Engelure (qui compte comme une blessure, mais comme c’est l’hiver, vous vous reprendrez une blessure à chacun de vos tour pour chaque engelure sur votre survivant… autant dire que ça va très très vite !)
  • Mort (1 chance sur 12) : votre survivant crève, et si un autre survivant est sur le même lieu que lui, il devra à son tour tirer un dé risque (1 chance sur deux de mourir et de propager à son tour l’épidémie, ou de s’en tirer) ou décider de se suicider, afin d’arrêter l’épidémie.

Blessures et engelures dans Dead of Winter

Les cartes « À la croisée des chemins »

Paramètre encore plus inédit du jeu, chaque joueur qui commence un tour voit son voisin de droite piocher une carte « À la croisée des chemins ». Sa particularité, c’est que si l’événement décrit en début de carte se produit durant son tour, il faudra continuer la lecture de la carte à voix haute, entraînant parfois des choix personnels ou des votes communs. Les événements peuvent être, par exemple :

  • Si tel personnage est en jeu et qu’il se déplace…
  • Si un des survivants du joueur est sur la colonie et qu’il tue un zombie…
  • Si un des joueurs baille à ce tour (?!)…

Bref, une autre dimension est apportée au jeu avec ces cartes, y apportant une belle richesse et des situations incontrôlables.

Cartes croisées des chemins et objectifs personnels

L’influence des traîtres

Disons-le, l’intérêt dans ce genre de jeu, c’est la tension apportée par la traîtrise éventuelle des autres joueurs : ça entraîne des situations de paranoïa assez marrantes et souvent complètement injustifiées (« toi t’es toujours le loup-garou alors c’est sûr que tu es le traître ! » « euh ouais super ton raisonnement » 😀 ), surtout que chacun ayant un objectif personnel (traître ou pas), chacun finit par se la jouer égoïste à un moment donné :p

Alors, à quoi ça sert d’être traître ?

Le traître peut ajouter dans les cartes « prévention de la crise » (qui sont jouées face cachées) des cartes qui ne sont pas attendues (il peut par exemple ajouter du carburant dans une crise nécessitant de la nourriture) : elles seront alors décomptées en négatif.

Il peut également choisir de cibler un autre survivant plutôt qu’un zombie lors d’une attaque.

Il peut décider de ne pas vider la décharger alors qu’il l’avait promis, ou ne pas soigner un autre joueur…

Comment les contrer ?

Un joueur peut décider de provoquer un vote pour exiler un traitre. Il piochera alors une nouvelle carte objectif « Exilé » qui modifie son objectif personnel et sera obligé de vaquer à ses occupations sur les autres lieux et n’aura plus accès à la colonie, plus aucun droit de vote, ne peut plus ajouter des cartes aux crises, ne peut plus ajouter de survivants vulnérables à la colonie… etc. Bref, il ne participe plus à la communauté. Attention, si à un moment du jeu, 2 joueurs sont exilés, le moral tombe à zéro.

Personnages Dead of Winter

Notre avis

Dead of Winter est donc un jeu coopératif comme on les aime. D’ailleurs, après quelques parties, il rentre directement dans mon top, car c’est un vrai bon mix entre jeu personnel et jeu collaboratif. La tension est vraiment palpable tout au long de la partie, obligeant chacun à tantôt jouer pour la communauté, tantôt pour sa gueule soi-même 😀

On adore

  • Le matériel du jeu, très bien stuffé
  • Les cartes « Croisées des chemins » qui sont très nombreuses (on sent qu’un vrai travail rédactionnel a été fait dans ce jeu pour créer une ambiance qui fonctionne)
  • Les objectifs communs et personnels qui créent une tension vraiment palpable
  • Les différents scénarios avec des durées variées et leurs déclinaisons en mode « difficile »
  • Le fait de pouvoir mourir sur un jet de dé et la propagation de l’épidémie : ça change vraiment des autres jeux du genre

On déplore

  • Le jeu est difficile et peut donc créer pas mal de frustrations (pour l’instant, on n’a pas gagné une seule fois 😀 )
  • … c’est tout !

L'avis de la rédac'