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Shards of Infinity :  Star Realms a de la concurrence

Par Gling-Gling - mis à jour le 24 janvier 2024

Voici un deckbuilding que j’avais testé il y 2 ans à Essen, et qui mérite le détour. La question est évidemment de savoir ce qu’il apporte comme sang neuf au genre, et il ne déçoit pas par ce côté-là.

Pourquoi est-ce que je le compare Star Realms ?  Parce qu’il joue sur le même terrain, et que c’est pour moi la référence des deckbuildings rapides et de l’affrontement par KO. J’exclue donc Dominion et consorts, excellents par ailleurs.

L’autre raison est que Star Realms a été co-créé par un des deux auteurs d’Ascension (un autre jeu de deckbuilding, plus ancien). Et figurez-vous que c’est l’autre auteur d’Ascension qui a co-créé ce jeu-ci. Étonnant, non ?

Le principe

Tout comme Star Realms, chaque joueur joue des cartes qui permettent :

  • d’acheter (avec des cristaux) des cartes dans une « rivière », qui vont dans sa défausse (mais pas toujours),
  • d’infliger des dégâts à l’adversaire,
  • de se soigner.

Le but est d’être le dernier en vie ou bien d’accumuler assez de maîtrise pour utiliser nos éclats d’infinités, et tuer tout le monde d’un coup.

Mise en place de départ. 6 cartes dans la rivière, 5 cartes à piocher. 50 points de vie, et 0 points de maîtrise.

Une carte a un coût d’achat, un effet de base, et parfois un effet qui se déclenche suivant les autres cartes posées. Il est possible d’acheter et de poser dans n’importe quel ordre, autant de fois que vous voulez, en alternance éventuellement, et ce tant qu’il vous reste des cartes et des cristaux. Quand vous arrivez à acheter une carte, puis la mettre en jeu dans le même tour, là votre deck tourne bien, et c’est le bonheur :-).

Les cartes sont divisées en 4 factions, chacune ayant une orientation propre (plus de cristaux, de dégâts…).

Certaines cartes sont des champions, qui restent en jeu tant qu’ils ne sont pas détruits par l’adversaire (à la manière des bases de Star Realms). Les champions ont pour cela des points de vie, qui doivent être détruits d’un coup. Par contre, il est toujours possible d’attaque directement le joueur, les champions ne le protégeant pas.

Une belle combinaison de la faction Homedeus, avec de nombreux champions et quelques alliés

Les originalités

La maîtrise

Évidemment Iello n’a pas traduit un clone de Star Realms, ils sont plus malins que cela. La principale originalité vient de l’ajout d’un score de « maîtrise ». Vous commencez à 0, et si vous arrivez à 30, vous êtes le maître suprême, et faites des dégâts infinis (carrément !) avec votre carte « éclat de l’infini ». De plus, des cartes ont un pouvoir exponentiel en fonction de votre maîtrise.

La carte fait des dégâts en fonction du score de maîtrise

Vous pouvez augmenter votre maîtrise d’1 en payant 1 cristal, une fois par tour. Et vous avez bien sûr des cartes qui permettent de l’augmenter plus vite.

Vous serez donc tentés entre augmenter rapidement votre maîtrise pour tuer votre adversaire d’un coup, ou lui accumuler des dégâts plus classiquement.

Les mercenaires

L’autre originalité vient des mercenaires. Ce type de carte peut être acheté classiquement pour aller dans la défausse, ou bien pour le même prix être joué aussitôt. Mais dans ce dernier cas, la carte retourne sous la pioche à la fin du tour, et n’est pas intégrée à votre jeu.

Les mercenaires peuvent être pratiques pour regagner des points de vie rapidement, par exemple. Cela permet aussi de conserver un jeu « pur », sans mélanger tous les types de cartes.

Une carte mercenaire est entourée de rouge, en plus de la mention au-dessus de sa faction

Le nombre de joueurs

Dans la boîte, vous avez directement de quoi jouer à 4, contrairement à Star Realms qui nécessite l’achat d’une deuxième boîte (bon perso j’ai acheté deux boîtes de Star Realms direct). La conséquence est que les cartes surpuissantes ne seront pas en double si vous jouez à 3 ou 4. Par contre, vous n’avez pas de mode “chasseur” ou “hydre” suggéré, ce qui montre que Star Realms a été pensé pour 3 ou 4 joueurs aussi, en fait.

Les cartes de départ

Outre les classiques cartes cristaux (l’argent) et blaster (1 dégât), vous avez 2 cartes très particulières. Une carte inflige des dégâts (l’éclat de l’infini), et l’autre vous rapporte des cristaux (réacteur d’éclats). La particularité de ces cartes est d’augmenter en puissance en fonction de votre maîtrise.

Les 10 cartes de départ :  2 spéciales, 1 blaster, 7 cristaux

Vous allez donc généralement les conserver. Surtout le réacteur d’éclats, car les cartes rapportant plus d’éclats ne sont pas si nombreuses, et cela peut compenser un peu la malchance au tirage.

La fiche de personnage

Pour compter tant les points de vie (50 au départ, comme Star Realms) que les points de maîtrise, la fiche de personnage est bienvenue. Elle comprend une roue pour chaque décompte. C’est plus pratique que d’avoir des cartes à manipuler. Mais vous ne pouvez pas augmenter au-delà de 50. Dommage, car la roue était assez grande pour cela.

Par ailleurs, je regrette que les auteurs n’en aient pas profité pour inclure quelques différences de départ pour chaque faction. À part le dessin, rien ne change d’un personnage à l’autre.

Fiche de personnage :  en haut les points de vie, en bas les points de maîtrise

Les boucliers

Certaines cartes ont une valeur en bouclier. Un joueur attaqué peut les dévoiler (donc elles restent en main) pour réduire ses dégâts. Mais il ne peut pas les utiliser pour défendre ses champions.

Notre avis

Shards of Infinity bénéficie d’une édition soignée, et se distingue de Star Realms. Les cartes sont réellement différentes, sans que l’on soit dépaysé pour autant. Il profite donc de la notoriété de son aîné, et est plaisant à jouer, au moins pour découvrir les nouvelles cartes. Par contre, il laisse un goût brouillon en ce qui concerne le texte sur les cartes pour l’effet supplémentaire. En effet, il faut lire le texte, et de même lire le texte de la faction pour la correspondance, là où Star Realms se contente d’un élégant logo, beaucoup plus visuel.

On adore

  • Deckbuilding original, avec 2  manières de gagner (points de vie à 0, ou maîtrise à 30 avec carte infinie)
  • Le principe des mercenaires
  • On n’est pas dépaysé, mais les cartes sont quand même renouvelées par rapport à Star Realms

On déplore

  • Trop de texte pour les effets supplémentaires
  • Pas de variété entre les personnages de départ

Shards of Infinity en quelques minutes

Boîte du jeu Shards of Infinity

Shards of Infinity

(5/5)

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Gling-Gling

Tombé dans la marmite avec la revue Jeux & Stratégie et les séjours Rêves de Jeux, Gling­Gling n'a eu de cesse de faire découvrir le jeu aux autres, avec la création de l'association Lutiniel et le développement du Festival des Jeux de Vauréal (Val d'Oise). Actuellement, il ronronne en animant sa 3e ludothèque d'entreprise, et parcourt bars, salles municipales et ludothèques pour toucher un large public dans les -Désert de Bretagne...

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